STATUE DE LA LIBERTE

STATUE DE LA LIBERTE
La Liberté éclairant le monde ( Liberty Enlightening the world), plus connue sous le nom de Statue de la Liberté .

Ce monument , bien que se trouvant en Amérique, est FRANCAIS, puisque nous l'avons offert aux américains en 1886, pour célébrer le centenaire de la déclaration d'indépendance américaine et en signe d' amitié.

L'idée vient du juriste et professeur Edouard Laboulaye en 1865. Le projet fut confié en 1871 au scupteur français Frédéric-Auguste Bartholdi.

Le choix des cuivres , devant être employés , fut confié à l'architecte Eugène Viollet-le-Duc. A la mort de ce dernier , en 1879, Bartholdi fait appel à l'ingénieur Gustave Eiffel pour décider de la stucture interne de la statue.

# Posté le jeudi 24 septembre 2009 10:12

ALPHONSE DE LAMARTINE

ALPHONSE DE LAMARTINE
LES CEDRES DU LIBAN

Aigles qui passez sur nos têtes,
Allez dire aux vents déchaînés
Que nous défions leurs tempêtes
Avec nos mats enracinés.
Qu'ils montent , ces tyrans de l'onde,
Que leur aile s'ameute et gronde
Pour assaillir nos bras nerveux!
Allons ! leur plus fougueux vertiges
Et que siffler dans nos cheveux!

Fils du rocher, nés de nous-même,
Sa main divine nous planta
Nous sommes le vert diamdème
Qu'aux sommet d'Eden il jeta.
Quand ondoiera l'eau du déluge,
Nos flancs creux seront le refuge
De la race entière d'Adam,
Et les enfants du patriarche
Dans nos bois tailleront l'arche
Du Dieu nomade d'Abraham!

C'est nous quand les tribus captives
Auront vu les auteurs d' Hermont,
Qui couvrirons de nos solives
L'arche immense de Salomon;
Si plu tard , un verbe fait homme
Son père du haut d'une croix,
Autels de ce grand sacrifice,
De l'instrument de son supplice
Nos rameaux fourniront le bois.

En mémoire de nos prodiges,
Des hommes inclinant leurs fronts
Viendront adorer nos vestiges,
Coller leurs lèvres à nos troncs.
Les saints, les poètes, les sages
Ecouteront dans nos feuillages
Des bruits pareils aux grandes eaux,
Et sous nos ombres prophétiques
Formeront les plus beaux cantiques
Des murmures de nos rameaux.

# Posté le jeudi 17 septembre 2009 10:51

ALPHONSE DE LAMARTINE

ALPHONSE DE LAMARTINE
ADIEU A LA MER

Murmure autour de ma nacelle
Douce mer dont les flots chéris,
Ainsi qu'une amante fidèle
Jette une plainte énternelle
Sur ces poétiques débris.

Que j'aime à flotter sur ton onde,
A l'heure où du haut de ton rocher
L'oranger, la vigne féconde,
Verse sur ta vague profonde
Une ombre propice au nocher!

Souvent, dans ma barque sans rame,
Me confiant à ton amour,
Comme pour assoupir mon âme,
Je ferme au branle de ta lame
Mes regards fatigués du jour.

Comme un coursier souple et docile
Dont on laisse flotter les mors,
Toujours, vers quelques frais asile,
Tu pousses ma barque fragile
Avec l'écume de tes bords.

Ah! berce, berce, berce encore,
Berce pour la dernière fois,
Berce cet enfant qui t'adore,
Et que depuis sa tendre aurore
N'a rêvé que l'onde et les bois!

Le Dieu qui décora le monde
De ton élément gracieux,
Afin qu'ici tout se réponde,
Fit les cieux pour briller sur l'onde,
L'onde pour réfléchir les cieux.

Ains pur que dans ma paupière,
Le jour pénètre ton flot pur,
Et dans ta brillante carrière
Tu sembles rouler la lumière
Avec tes flots d'or et d'azur.

Aussi libre que la pensée,
Tu brises le vaisseaux des rois,
Et dans ta colère insensée,
Fidèle au Dieu qui t'a lancée,
Tu ne t'arrêtes qu'à sa voix .

De l'infini sublime image,
De flots en flots l'oeil emporté
Te suit en vain de plage en plage,
L'esprit cherche en vain ton rivage,
Comme ceux de l'éternité.

Ta voix majestueuse et douce
Fait trembler l'echo de tes bords,
Ou sur l'herbe qui te repousse,
Comme le zéphyr dans la mousse,
Murmure de mourants accords.

Que j'aime, ô vague assouplie,
Quand, sous mon timide vaisseau,
Comme un géant qui s'humilie,
Sous ce vain poids l'onde qu plie
Me creuse un liquide berceau.

Que j'aime quand, le zéphyr
Endormi dans tes antres frais,
Ton rivage semble sourire
De voir dans ton sein qu'il admire
Flotter l'ombre de tes forêts!

Que j' aime quand sous ma poupe
Des festons de mille couleurs
Pendant au vent qui les découpe,
Dont les bords sont voilés de fleurs!

Qu'il est doux quand le vent caresse
Ton sein mollement agité,
De voir sous ma main qui le presse,
Ta vague, qui semble s'abaisé
Comme le sein de ta beauté!

Viens à ma barqe figitive
Viens donner le baiser d'adieu,
Roule autour d'une voix plantive,
Et de l'écume de ta rive
Mouille encore mon front et mes yeux.

Laisse sur ta plaine mobile
Flotter ma nacelle à mon gré,
Ou sous l'antre de ta Sybille,
Ou sur le tombeau de Virgile,
Chacun de tes flots m'est sacré.

Partout, sur ta rive chérie,
Où l'amour éveilla mon coeur,
Mon âme, à sa vue attendrie,
Trouve un asile, une patrie,
Et des débris de son bonheur.

Flotte au hasard: sur quelque plage
Que tu me fasses dériver,
Chaque flot m'apporte une image,
Chaque rocher de ton rivage
Me fait souvenir ou rêver...

# Posté le jeudi 17 septembre 2009 10:04

Modifié le jeudi 17 septembre 2009 10:36

EMILE VERHAEREN (POEME)

LE CHANT DE L'EAU

L' entendez-vous, l'entendez-vous
Le menu flot sur les cailloux?
Il passe et court et glisse
Et doucement dédié aux branches,
Qui sur son cours se penchent,
Sa chanson lisse.

Là-bas,
Le petit bois de cornouillers
Où l'on disait que Mélusine
Jadis, sur un tapis de perles fines,
Au clair de lune, en blancs souliers,
Dansa;
Le petit bois de cornouillers
Et tous ses hôtes familiers
Et les putois et les fouines
Et les souris et les mulots
Ecoutent
Loin des sentes et loin des routes
Le bruit de l'eau.

Aubes voilées,
Vous étendez en vain,
Dans les vallées,
Vos tissus blèmes,
La rivière,
Sous vos duvets épais , dès le prime matin,
Coule de pierre en pierre
Et murmure quand même.
Si quelque fois, pendant l'été,
Elle tarit sa volupté
D'être sonore et frémissante et fraîche,C'est que le dur mois de juillet
La hait
Et l'accable et la sèche.
Mais néanmoins, oui, même alors
En ses anses , sous les broussalles
Elle trésaille
Et se ranime encore.
Quand la belle gardeuse d'oies
Lui livre ingénuement la joie
Brusque et rouge de tout son corps.

Oh! les belles épousailles
De l'eau lucide et de la chair,
Dans le vent et dans l'air,
Sur un lit transparent de mousse et de rocailles;
Et les baisers multiples du flot
Sur la nuque et sur le dos,
Et les courbes et les anneaux
De l'onduleuse chevelure
Ornant les deux seins triomphaux
D'une ample et flexible parure;
Et les vagues violettes ou roses
Qui se brisent ou tout à coup se juxtaposent
Autour des flancs, autour des reins;
Et tout là-haut le ciel divin
Qui rit à la santé lumineuse des choses!

La belle fille aux cheveux roux
Pose un pied clair sur les cailloux.
Elle allonge le bras et la hanche et s'incline
Pour recueillir au bord,
Parmi les lotiers d'or,
La menthe fine;
Ou bien encor
S'amuse à soulever les pierres
Et provoque la fuite
Droite et subite
Des truites
Au fil luisant de la rivière.
Avec des fleurs pourpres aux deux coins de la bouche,
Elle s'étend ensuite et rit et se recouche,
Les pieds dans l'eau, mais le torse au soleil;
Et les oiseaux vifs et vermeils
Volent et volent,
Et l'ombre de leurs ailes
Passe sur elle.

Ainsi fait-elle encor
A l'entour de son corps
Même aux mois chauds
Chanter les flots.
Et ce n'est qu'en septembre
Que sous les branches d'or et d'ambre,
Sa nudité
Ne mire plus dans l'eau sa mobile clarté,
Mais c'est qu'alors sont revenues
Vers notre ciel les lourdes nues
Avec l'averse entre les plis
Et que déjà la brume
Du fond des prés et des taillis
S'exhume.

Pluie aux gouttes rondes et claires,
Bulles de joie et de lumière,
Le sinueux ruisseau gaiement vous fait accueil,
Car tout l'automne en deuil
La jonche en vain de mousse et de feuilles tombées
Son flot rechante au long des berges recourbées,
Parmi les prés, parmi les bois;
Chaque caillou que le courant remue
Fait entendre sa voix menue
Comme autrefois;
Et peut-être Mélusine,
Quand la lune, à minuit, répand à foison
Sur les gazons
Ses perles fines.
S'éveille et lentement décroise ses pieds d'or,
Et suivant que le flot anime sa cadence,
Danse encor
Et danse.

# Posté le samedi 12 septembre 2009 04:33

EMILE VERHAEREN (POEME)

AVEC MES SENS, AVEC MON COEUR...

Avec mes sens , avec mon coeur et mon cerveau
Avec mon être tout entier tendu comme un flambeau
Vers ta bonté et vers ta charité
Sans cesse inassouvies,
Je t'aime et te louange et je te remercie
D'être venue , un jour, si simplement,
Par les chemins du dévouement,
Prendre, en tes mains bienfaisantes, ma vie.

Depuis ce jour,
Je sais, oh! quel amour
Candide et clair ainsi que la rosée
Tombe de toi sur mon âme tranquilisée.

Je me sens tien, par tous les liens brûlants
Qui rattachent à leur brasier , les flammes;
Toute ma chair, toute mon âme,
Monte vers toi, d'un inlassable élan;
Je ne cesse de longuement me souvenir
De ta ferveur profonde et de ton charme,
Si bien que , tout à coup , je sens mes yeux s'emplir,
Délicieusement, d'inoubliables larmes.

Et je m'en viens vers toi, heureux et recueilli,
Avec le désir fier d'être à jamais celui
Qui t'es et te sera la plus sûre des joies.
Toute notre tendresse autour de nous flamboie;
Tout écho de mon être à ton appel répond;
L'heure est unique et d'extase solennisée,
Et mes doigts sont trembalnts, rien qu'à frôler ton front,
Comme s'ils y touchaient l'aile de tes pensées.

# Posté le samedi 12 septembre 2009 03:53